Toutes les newsletters
NEWSLETTER · EN QUELQUES LIGNES
Résumé
Par Franck Torres — pour L’écho du passé Illustration inspirée par Platon et par l’absurde quotidien de nos bureaux modernes. Cet article s’inspire librement d’un papier percutant de Romane Ganneval, publié dans Le Point le 28 avril 2025, intitulé « On a basculé dans l’idiocratie ».
Par Franck Torres — pour L’écho du passé
Illustration inspirée par Platon et par l’absurde quotidien de nos bureaux modernes.
Cet article s’inspire librement d’un papier percutant de Romane Ganneval (https://fr.linkedin.com/in/romaneganneval?trk=article-ssr-frontend-pulse_little-mention) , publié dans Le Point (https://fr.linkedin.com/company/le-point?trk=article-ssr-frontend-pulse_little-mention) le 28 avril 2025, intitulé « On a basculé dans l’idiocratie ». Une analyse lucide d’un phénomène que beaucoup d’entre nous vivent au quotidien : la promotion non pas des meilleurs, mais des plus visibles, des plus lisses, des plus « adaptables ». Autrement dit, des conformes.
Le prix que les gens bien paient pour leur indifférence à la politique, c’est d’être gouvernés par des hommes inférieurs. — Platon, La République
Quelques repères pour situer la voix du passé
Platon, philosophe grec né vers 427 av. J.-C. et mort en 347 av. J.-C., fut l’élève de Socrate et le maître d’Aristote. Dans La République , il décrit une société gouvernée par les “philosophes-rois”, seule garantie pour éviter le chaos des régimes fondés sur la rhétorique, les passions ou l’ambition. Il y fustige les sophistes, ces maîtres de l’art oratoire capables de convaincre sans détenir la vérité, de séduire sans construire. Toute ressemblance…
Dans nos entreprises de 2025, un glissement s’opère : du savoir-faire à la conformité, de l’engagement à la mise en scène, de la compétence réelle à la capacité de produire des slides.
Pierre, développeur aguerri, aurait dû être promu pour sa maîtrise du terrain, son expérience, sa loyauté. Mais la direction lui a préféré un autre profil : plus jeune, plus « agile », plus à l’aise avec les outils de reporting. On ne lui a pas demandé ce qu’il savait faire, mais s’il savait parler la langue du management : celle des KPIs, du leadership en kit, du « storytelling aligné sur les valeurs de l’entreprise ».
Ce que nous voyons ici, ce n’est pas une anecdote. C’est un symptôme.
Comme dans La caverne de Platon, le monde professionnel semble préférer l’ombre des idées à leur lumière : on valorise les reflets flatteurs plutôt que le réel rugueux. Celui qui doute, celui qui questionne, devient suspect. Celui qui adhère, qui “fait le job”, qui aligne des colonnes de chiffres, gravit les échelons.
Lire la publication sur LinkedIn
