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Quand le travail blesse : reconnaître et agir face aux collègues et managers toxiques

Quand le travail blesse : reconnaître et agir face aux collègues et managers toxiques

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Résumé

Par Franck Torres – Militant syndical SNB CFE-CGC, acteur de la santé au travail “Le pire des silences est celui que l’on s’impose face à l’inacceptable.” Pourquoi cet article ? Parce que derrière le mot « travail » se cache parfois une souffrance indicible.

Par Franck Torres – Militant syndical SNB CFE-CGC, acteur de la santé au travail

“Le pire des silences est celui que l’on s’impose face à l’inacceptable.”

Pourquoi cet article ?

Parce que derrière le mot « travail » se cache parfois une souffrance indicible.

Pas celle qui fait du bruit, mais celle qui use, qui isole, qui détruit à petit feu.

Dans ma pratique syndicale, j’ai trop souvent vu des collègues en errance, doutant d’eux-mêmes, alors qu’ils étaient exposés à un climat toxique.

Ce que l’on appelait autrefois “mauvais caractère” ou “pression normale” est aujourd’hui clairement identifié dans la recherche : le comportement toxique, qu’il soit managérial ou collégial, est une réalité objectivable, documentée, et délétère.

## Ce que dit la recherche : toxicité et santé au travail

1. Une réalité mesurée et fréquente

Selon l’enquête nationale SUMER (Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels – DARES, 2017) :

- 1 salarié sur 4 se dit exposé à des tensions avec la hiérarchie ou ses collègues.

- Près de 20 % évoquent des comportements hostiles ou des pressions psychologiques régulières.

2. Le coût humain et économique

Une étude de Harvard Business School (2016) démontre qu’un salarié toxique coûte à l’entreprise plus cher que la perte d’un salarié performant , en raison de l’impact sur la motivation et la cohésion.

3. Les mécanismes du harcèlement moral

Marie-France HIRIGOYEN (https://fr.linkedin.com/in/marie-france-hirigoyen-264a79b2?trk=article-ssr-frontend-pulse_little-mention) , psychiatre et experte judiciaire, décrit dans Le harcèlement moral – la violence perverse au quotidien (1998, Les Arènes) un processus d’érosion psychique basé sur :

- la répétition,

- la disqualification progressive,

- l’inversion de la culpabilité.

Le harcèlement n’est pas toujours criant. Il s’insinue dans l’ordinaire.

4. L’impact systémique sur l’organisation

Les travaux de la sociologue Daniele Linhart (https://fr.linkedin.com/in/daniele-linhart-1b3393272?trk=article-ssr-frontend-pulse_little-mention) montrent que :

« La peur d’être exclu pousse les collègues à se taire, créant un climat où l’inacceptable devient normal. »

De plus, selon Christophe Dejours , psychiatre du travail :

« La souffrance survient quand le sens du travail s’effondre et qu’il n’est plus possible de s’identifier positivement à ce que l’on fait. »

## Reconnaître les signaux d’un comportement toxique

1. Comportements individuels

- Ton méprisant ou passif-agressif.

- Dévalorisations répétées, humiliations en réunion.

- Vol de reconnaissance : appropriation du travail d’autrui.

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