
À propos
DANS CE CARNET
Je m’appelle Franck Torres.
La photographie est entrée dans ma vie à dix-sept ans, avec le Canon AT-1 de mon père, dans les paysages d’ardoise et de poussière noire de mon enfance espagnole. Parmi mes premiers sujets, il y avait mon oncle, picador, que je photographiais à la sortie de la mine, sur la route du col de Leitariegos. Son visage noir et fatigué ne m’a jamais quitté. Ce premier cadrage non plus.
Mais je ne suis pas seulement l’œil derrière l’appareil.

Parc oriental de Maulévrier, France
01 / ORIGINES
Je suis né entre deux pays. D’abord l’Espagne : Caboalles de Abajo, en Castille-et-León, une vallée où le charbon dictait les vies. Mon grand-père a passé la sienne dans les galeries du Pozo María, jusqu’à ce que la mine lui prenne les poumons, puis le cœur. Ma grand-mère lui a succédé à la blanchisserie, les mains dans l’eau froide, sans jamais plier. Puis il y a eu la France. Mon père a passé sa vie chez Renault, à Choisy-le-Roi ; adolescent, j’y ai usé mes étés sur les machines-outils. De ces deux héritages est née une même conviction : respecter le geste, et se battre pour celles et ceux qui travaillent.

Pont du Millénaire, Ourense, Galice

Ancienne mine de charbon, Caboalles de Abajo, Castille-et-León

Usine Renault, Choisy-le-Roi
02 / LE TRAVAIL
Alors je me bats. Pendant trente ans, j’ai travaillé dans la banque. Depuis 2010, je porte des mandats syndicaux à la CFE-CGC — Délégué National IA, Président de l’URI SNB Pays de la Loire, Responsable du Développement Syndical SNB à la Société Générale. Négocier, écouter, tenir tête quand il le faut : mes combats ont changé de vocabulaire — algorithmes, agents, mutations du travail — mais pas de nature. Il s’agit toujours de la place de l’humain dans un monde qui s’accélère.
Ces deux vies ne s’opposent pas. Elles se répondent. Le même regard qui cherche la grâce dans le chaos d’un concert cherche la dignité dans le vacarme du social. La même patience. La même exigence. La même envie de saisir ce qui compte avant que ça ne passe.
NeoExplora est le lieu où elles se rencontrent. Mes images, mes récits de festival, mes chroniques sur le travail et le temps qui change : un carnet à ciel ouvert, entre le grain de la pellicule et le bruit du monde.
Il y a aussi une passion plus ancienne, plus discrète : les concerts. Elle a commencé le 22 juin 1988, devant le Château de Versailles, pour Pink Floyd. J’avais 18 ans et j’étais stagiaire rue Réaumur, à Paris ; un jeune comptable généreux m’avait invité, sans savoir qu’il m’offrait bien plus qu’une place. Depuis, Indochine, Depeche Mode, Rammstein, U2, Metallica, le Hellfest et les Nuits de l’Erdre ont jalonné le chemin. En 2026, j’atteindrai mon 100ᵉ concert.
La Défense sous la neige, France
03 / LES CONCERTS
Bienvenue dans ce carnet.
MATÉRIEL
Leica
43 mm · Compact
Sony
SEL24F14GM · 24 mm F1.4 GM
SEL2470GM2 · 24-70 mm F2.8 GM II
SEL70200GM2 · 70-200 mm F4 GM II
REPÈRES
1988
Premier concert : Pink Floyd au Château de Versailles.
2010
Début des mandats syndicaux, au croisement du travail et du vivant.
2026
Le 100e concert et une nouvelle étape pour NeoExplora.
CONCERTS
1988
Pink Floyd
Château de Versailles, 22 juin 1988 — offert par un jeune comptable rue Réaumur, sans qu’il sache qu’il m’offrait une vie entière de concerts
2009
Les Cowboys Fringants
La Trocardière — “Les Étoiles Filantes” découverte lors d’un voyage organisé au Québec, un amour qui ne m’a jamais quitté
2026
100ᵉ concert
Mon 99ᵉ concert, c’était Robbie Williams au V and B Fest ; le prochain sera le 100ᵉ, une nouvelle étape sur un chemin commencé en 1988.
Ce carnet se prolonge dans quatre lettres régulières — Syndicaction, L’Écho du Changement, L’Écho du Passé et Dialogue 3.0 avec Basil.
