Syndicaction

Pas un mot sur les syndicats

Pas un mot sur les syndicats

Open space lumineux : à gauche, de grandes tables sombres vides avec leurs chaises noires ; à droite, quatre collègues souriants réunis autour d’une table en bois, ordinateurs, cahiers et cafés devant une grande verrière.

Résumé

Douze pages du Conseil d’analyse économique sur le décrochage de la productivité française, et pas un mot sur le dialogue social. Pourtant, 69 % des salariés n’ont reçu ni outil, ni encouragement, ni formation pour l’IA. Quand j’entends « les salariés freinent », je réponds : regardez ce qu’on leur donne. Trois demandes pour que l’usage se construise avec celles et ceux qui travaillent, et non par une simple signature de licence.

Douze pages du Conseil d’analyse économique sur le décrochage de la productivité française, et pas un mot sur le dialogue social. Pourtant, 69 % des salariés n’ont reçu ni outil, ni encouragement, ni formation pour l’IA. Quand j’entends « les salariés freinent », je réponds : regardez ce qu’on leur donne. Trois demandes pour que l’usage se construise avec celles et ceux qui travaillent, et non par une simple signature de licence.

C’est ce qui m’a frappé en lisant la dernière note du Conseil d’analyse économique (n° 94, septembre 2026) sur le décrochage de la productivité française. Douze pages, des dizaines de chiffres, et rien sur le dialogue social.

Elle dit pourtant une chose qui confirme ce que nous voyons sur le terrain.

La France a en partie rattrapé son retard d’investissement numérique. Si elle avait investi comme les États-Unis, elle aurait comblé entre 25 % et 50 % de son écart de productivité en 2005. En 2025, entre 15 % et 30 % seulement. Le retard de productivité, lui, est resté.

On a acheté les outils, on n’a pas changé la façon de travailler avec. Solow le disait déjà en 1987 : des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité. Pour les auteurs, tout se joue désormais dans les compétences des salariés, l’organisation du travail et la gouvernance des données.

Sur l’IA générative, la note relève que 28 % des actifs français l’utilisent au travail, contre 43 % aux États-Unis. Elle s’appuie sur une étude de chercheurs américains et allemands (Bick et coauteurs, 2026), qui montre que l’écart tient surtout à ce que fait l’employeur. Encourager l’usage. Fournir l’outil.

En France, 17 % des salariés reçoivent les deux. Et 69 % n’ont rien reçu du tout : ni encouragement, ni outil, ni formation. Aux États-Unis, c’est 42 % et 44 %.

Alors quand j’entends « les salariés freinent », je réponds : regardez ce qu’on leur donne.

Soyons honnêtes : cette étude montre aussi que la formation seule ne fait pas l’adoption. Je n’en tire pas qu’il faut former moins. J’en tire qu’on ne forme pas sans donner le temps, l’outil et un cadre clair. Et que « encourager » ne doit jamais devenir « imposer » ni « surveiller ». Ça, c’est notre travail.

Pendant ce temps, le volet formation du plan « Osez l’IA » n’est toujours pas mis en place, selon cette même note.

Ce que je demande et que je défendrai :

→ Former tous les salariés, sur le temps de travail, avant le déploiement. Pas après.

→ Construire l’organisation avec les représentants du personnel : quels usages, quelles tâches, et à qui profite le temps gagné.

→ La transparence : où vont les données, ce que l’outil enregistre, qui peut le lire.

Une licence, ça s’achète en une signature. Un usage, ça se construit avec celles et ceux qui travaillent. Et c’est autour de la table, avec nous, qu’il faut en parler avant de sortir le chéquier.

Chez vous, qu’est-ce qui est arrivé en premier : la licence ou la discussion ?

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