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Résumé
Par Vincent Desmeliers & Franck Torres Introduction à deux voix : l’alerte d’un dialogue social sous anesthésie Ce texte est né d’une conviction partagée. Nous ne voulons pas être de simples chroniqueurs de l’effondrement du dialogue social : nous voulons en être les vigies.
Par Vincent Desmeliers & Franck Torres
Introduction à deux voix : l’alerte d’un dialogue social sous anesthésie
Ce texte est né d’une conviction partagée.
Nous ne voulons pas être de simples chroniqueurs de l’effondrement du dialogue social : nous voulons en être les vigies.
Chacun à notre manière, nous observons la lente fragilisation des représentants du personnel et le recul assumé des directions dans leur rapport à la négociation.
Mais ce que nous constatons ensemble, c’est un phénomène plus profond encore : le glissement vers une entreprise “post-représentative”, où le contradictoire gêne, où la voix collective dérange, où l’élu est toléré — tout au plus — à la condition de ne rien troubler .
Alors nous avons voulu écrire cet article à deux voix.
Parce que cette alarme ne doit plus sonner dans le vide.
Partie 1 – Vincent DESMELIERS (https://fr.linkedin.com/in/vincent-desmeliers-9a285b116?trk=article-ssr-frontend-pulse_little-mention) : un monde sans élus, le fantasme RH d’un dialogue sans obstacles
La réforme de 2017, qui a fusionné les anciennes instances du personnel en un Comité Social et Économique (CSE) unique, promettait un dialogue social simplifié. Huit ans plus tard, les effets sont bien réels — mais pas dans le sens attendu par les représentants du personnel.
Le constat est alarmant : stagnation du nombre de CSE, diminution sensible des CSSCT, baisse continue du nombre de candidats aux élections… et des taux de carence qui explosent, parfois dès le premier tour. Le cœur battant de la représentation s’essouffle.
À l’horizon 2030, un cap critique se profile : de nombreux élus atteindront la limite des trois mandats successifs. Un plafond légal qui pourrait précipiter la chute de nombreuses équipes expérimentées, sans réelle relève.
Dans ce contexte, les directions RH semblent redoubler d’efforts pour tester les limites du système.
Pressions managériales accrues, convocations disciplinaires douteuses, mise à l’écart insidieuse de certains élus…
Le climat se durcit, comme si l’entreprise rêvait d’un dialogue sans contradicteurs.
Le CSE, pourtant garant du respect des droits et de la qualité de vie au travail, est devenu un organe à contenir, à contourner, voire à réduire au silence.
À force de réduire les moyens, d’épuiser les élus et de saper la confiance, on finit par faire le lit d’un désert social.
Un monde sans élus ? Certains DRH n’osent le dire, mais l’espèrent peut-être.
Ce serait pourtant un monde sans alertes, sans contre-pouvoirs, sans relais du terrain.
Et donc, un monde bien plus vulnérable.
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