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Résumé
Un article imaginé à la manière d’H.G.
Un article imaginé à la manière d’H.G. Wells – par Franck Torres
“Et devant la lenteur des anciens équilibres, nul besoin d’envahisseurs martiens. Les hommes suffisent à leur propre effondrement.”
Je vis cela, moi-même. De mes yeux fatigués par l’espoir, je vis les flammes de la discorde consumer ce qui, jadis, fut un socle commun : le dialogue social.
Ils n’étaient pas des Martiens, ces êtres en apparence humains, mais pourtant si éloignés des préoccupations terrestres. Venus des confédérations anciennes, portant les bannières rouges, bleues, vertes ou multicolores, ils s’affrontaient non pas contre un ennemi commun, mais entre eux. Non pas pour avancer, mais pour savoir qui, parmi eux, avait le monopole de la vertu syndicale.
Leur langage n’était plus celui des travailleurs, mais celui des dogmes : archaïsmes braillards, postures de chapelle, slogans poussiéreux. Chacun prétendait défendre les “intérêts des salariés”, mais parlait comme un général d’armée en guerre contre son propre camp.
Je les vis, ce jour-là, s’entredéchirer dans l’arène d’une négociation cruciale, pendant que la direction, telle une entité silencieuse et bienveillante, notait calmement l’implosion des résistances. Le silence feutré des puissants contrastait avec les vociférations stériles des représentants syndicaux. L’un refusait de signer “par principe”, l’autre exigeait d’exclure l’un de la table, le dernier encore dénonçait les accords passés tout en oubliant ceux qu’il n’a jamais conclus.
Et moi, pauvre observateur, je compris soudain. Ce n’était pas le patronat qui avait gagné. C’était le dialogue social qui avait perdu. Et avec lui, les travailleurs, les invisibles, les épuisés, les espérants.
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