Toutes les newsletters

NEWSLETTER · EN QUELQUES LIGNES

De l’usage mesuré de la parole en société

De l’usage mesuré de la parole en société

var(--variable-KEAlt00gZ)
var(--variable-xo0ulriGG)

Résumé

Texte apocryphe de Jean de La Bruyère, publié par Franck Torres pour L’Écho du Passé « Parler est un besoin, écouter est un art. » — Johann Wolfgang von Goethe I.

Texte apocryphe de Jean de La Bruyère , publié par Franck Torres pour L’Écho du Passé

« Parler est un besoin, écouter est un art. » — Johann Wolfgang von Goethe

I. Du tumulte des voix et du silence rare

Il est une chose que les hommes aiment sans toujours la comprendre, qu’ils usent sans la respecter, qu’ils craignent dans le silence de l’autre mais qu’ils prodiguent sans mesure dans leur propre bouche : la parole . Elle est la parure des intelligences, l’éclat des salons, le nerf des disputes, le charme des alliances, l’arme des puissants, et, parfois, la corde du pendu.

Dans les assemblées de mon siècle comme dans les congrès de vos jours, on entend des voix qui montent et se croisent, s’interrompent, s’égarent. L’on y parle beaucoup, souvent sans rien dire, parfois contre quelque chose, rarement pour quelqu’un.

Le langage, devenu abondant, s’est appauvri. Il n’est plus le sceau de la pensée claire mais l’ombre portée d’opinions fuyantes. On parle comme on respire : par automatisme. Et pourtant, rien n’est plus grave qu’une parole mal placée, rien de plus décisif qu’un silence à propos.

II. De ceux qui parlent trop, de ceux qui parlent mal, et de ceux qui parlent juste

Il est, dans la société, des hommes et des femmes qui parlent comme on tousse : sans qu’on les y invite, sans qu’on les en dissuade, sans que cela n’apporte le moindre soulagement. Ils croient que la longueur de leur discours supplée à sa pauvreté, que l’emphase vaut la rigueur, que l’assurance fait vérité.

Ils discourent longuement d’eux-mêmes, feignent de s’étonner, s’écoutent discourir, sourient de leurs traits, relancent sans cesse une conversation qu’ils étouffent de leur propre verbe. Leurs paroles sont des fumées : elles montent, s’étalent, puis se dissipent sans laisser de trace.

D’autres, plus subtils, se taisent mais parlent en creux ; ils observent, attendent, et quand vient leur tour, ils disent peu, mais touchent juste. Ils ne s’expriment pas pour se faire valoir, mais pour élever le propos. Leur parole est rare, donc précieuse ; brève, donc dense ; claire, donc inattaquable.

III. De l’éthique du langage comme fondement de la vie en société

La parole n’est pas un ornement : c’est une responsabilité. Elle engage l’être tout entier ; elle témoigne de son souci des autres , de son sens de la mesure , de sa capacité à faire lien sans contraindre, à convaincre sans dominer, à dire sans écraser .

Lire la publication sur LinkedIn