Nantes, France

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Simple Minds — Zénith de Nantes, 16 avril 2024

Simple Minds — Zénith de Nantes, 16 avril 2024

Quarante-cinq ans de carrière, dix-huit titres, aucun besoin de nostalgie. Récit d'un soir où un groupe des années 80 a prouvé qu'il n'avait jamais cessé d'être au présent.

Quarante-cinq ans de carrière, dix-huit titres, aucun besoin de nostalgie. Récit d'un soir où un groupe des années 80 a prouvé qu'il n'avait jamais cessé d'être au présent.

Simple Minds

l y a des groupes qu'on aime pour ce qu'ils ont été. Et il y a Simple Minds, qu'on aime pour ce qu'ils sont encore. Le 16 avril 2024, au Zénith de Nantes, Jim Kerr et Charlie Burchill ont traversé quatre décennies sans jamais donner l'impression de regarder en arrière.

Un groupe né du punk, devenu autre chose

On l'oublie souvent : Simple Minds naît en 1977 à Glasgow sous le nom de Johnny & The Self Abusers, dans le bruit et la fureur du punk. Le groupe change de nom, puis d'orientation, puis encore d'orientation. Des synthés glacés d'Empires and Dance à l'ampleur de New Gold Dream, du stade des années 85 au retour aux sources celtiques de Street Fighting Years — c'est une discographie qui refuse de tenir en place. C'est pour ça qu'ils font partie de mon top 5. Pas pour un tube. Pour une trajectoire.

Waterfront, et le Zénith bascule

Vingt heures passées, les lumières tombent. Waterfront ouvre le bal, cette basse martelée qui ressemble à un cœur qu'on force. Kerr arrive en veste dorée, écharpe au cou, et il ne s'arrêtera plus de marcher pendant deux heures et demie. À sa gauche, Charlie Burchill — le seul, avec lui, à être là depuis le premier jour. Une fidélité de quarante-cinq ans, chose rare dans ce métier.

Ce que la setlist raconte vraiment

Dix-huit titres, et pas un seul du dernier album. Le choix est frappant. Love Song, This Fear of Gods : le groupe est allé rechercher sa période la plus abrupte, celle d'avant la gloire, et l'a jouée devant un Zénith venu pour les refrains. Puis la séquence qui tue — Glittering Prize, Promised You a Miracle, New Gold Dream — trois joyaux de 1982 enchaînés comme si quarante ans n'avaient rien érodé. Cherisse Osei y a placé un solo de batterie qui a réveillé toute la salle.

Belfast Child

Le moment de bascule. Cette adaptation d'un air traditionnel irlandais, She Moved Through the Fair, qui a valu à Simple Minds leur unique numéro un en single au Royaume-Uni en 1989. Six minutes suspendues, la salle silencieuse. Un groupe capable de faire taire un Zénith avec une ballade politique de trente-cinq ans, ce n'est pas de la nostalgie : c'est de l'autorité.

Le paradoxe du photographe

Don't You (Forget About Me) clôt le set principal et transforme la salle en dancefloor. Ironie splendide : le titre qui a fixé Simple Minds dans la mémoire collective mondiale n'est pas d'eux. Il a été écrit par Keith Forsey et Steve Schiff pour The Breakfast Club en 1985, et Kerr a longtemps hésité à l'enregistrer. Le morceau qu'ils n'ont pas écrit est devenu leur passeport universel. Il y a là quelque chose de très juste sur ce qu'on maîtrise et ce qui nous échappe.

Côté image, le Zénith de Nantes offrait ce soir-là une lumière de rêve : des faisceaux latéraux durs, des contre-jours bleus, et un écran arrière qui basculait régulièrement au noir et blanc. J'ai travaillé au plus près, en premiers rangs. Quand la lumière est aussi dessinée, il n'y a plus qu'à attendre le geste — exactement le rapport qu'on entretient avec un Leica : l'appareil ne fait rien à ta place, il t'oblige simplement à être là au bon moment.

Alive and Kicking

Le rappel s'ouvre sur Book of Brilliant Things, chanté par Sarah Brown — voix magnifique, qui rappelle que ce groupe est aussi un collectif, pas un duo à sideman. Puis See the Lights, Let It All Come Down, et enfin Alive and Kicking. Le titre disait tout. Vivants, et toujours debout.

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Ces images sont disponibles en tirage Fine Art numéroté, de 30×20 cm à 60×40 cm. Impression jet d'encre sur papier Hahnemühle Photo Rag 308g.

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