/

Hellfest 2024 — Deux jours dans la fournaise verte

Clisson, France

3 min de lecture

Hellfest 2024 — Deux jours dans la fournaise verte

Hellfest 2024 — Deux jours dans la fournaise verte

Retour en images sur l'édition 2024 : Metallica en double soirée, Mass Hysteria en communion, Skálmöld venu d'Islande, et un site qui reste, année après année, le plus grand décor de cinéma à ciel ouvert de France.

Retour en images sur l'édition 2024 : Metallica en double soirée, Mass Hysteria en communion, Skálmöld venu d'Islande, et un site qui reste, année après année, le plus grand décor de cinéma à ciel ouvert de France.

Foule devant la scène « Alien Weaponry », écran géant en arrière-plan, Hellfest

Il y a des festivals où l’on vient voir des concerts. Au Hellfest, on entre dans un monde. Dès l’allée principale, les façades de brique factice, le serpent qui avale une Les Paul au-dessus de la boutique ESP, l’enseigne Nuclear Blast et ses éclairs rouges : Clisson devient une ville frontière, quelque part entre Kustom Kulture et western métallique. Cette édition 2024, je l’ai traversée l’œil au viseur, entre deux orages et un coucher de soleil irréel.

Mass Hysteria — La fraternité en ouverture

Ciel gris, capuches et ponchos, et pourtant : dès les premières mesures, la Mainstage s’embrase. Mass Hysteria fait ce qu’aucun autre groupe français ne sait faire à ce niveau — transformer une plaine détrempée en assemblée fraternelle. Mouss harangue, le public répond, les cornes se lèvent par milliers. L’écran géant renvoie son image en miroir, comme si la furie était contagieuse jusque dans les pixels.

Skálmöld — L’Islande sous la Temple

Sous la Temple, changement de latitude. Les Islandais de Skálmöld déroulent leur metal viking devant une toile de fond aux teintes crépusculaires, guitariste torse nu et pied sur le retour, comme il se doit. Les faisceaux bleus découpent la fumée en cathédrale de lumière. C’est du metal de sagas : narratif, solennel, étrangement chaleureux.

Alien Weaponry — Le haka et le circle pit

Les Néo-Zélandais d’Alien Weaponry portent le thrash en langue māorie sur la Mainstage — et le public de Clisson leur répond à sa manière : d’abord le circle pit, qui dessine son cercle d’énergie pure, puis le wall of death qui s’ouvre en deux camps face à face avant de se percuter dans un fracas joyeux. Je me suis retrouvé dans l’axe du couloir vide, à hauteur d’homme, au moment précis où les deux murs humains se chargeaient l’un vers l’autre. C’est là que le Hellfest se photographie le mieux : dans cet espace d’une seconde qui n’appartient plus à personne, chargé de toute l’énergie du monde.

Metallica — La messe verte

Deux soirs, deux setlists, zéro doublon : le format M72 posé sur la plaine de Clisson — annoncé dès l’entrée du site par l’artwork officiel de la tournée, ce samouraï squelette portant une katana sur fond jaune-vert acide qui résumait à lui seul l’ambition de l’édition. Le samedi puis le dimanche, la scène immense s’est allumée de vert acide, les écrans crachant des ciels rouges d’apocalypse où se découpaient des silhouettes d’arbres morts — un paysage de fin du monde parfaitement calibré. Hetfield d’un côté, Trujillo de l’autre, et entre eux soixante mille personnes téléphone en main, comme une constellation terrestre. On peut avoir vu Metallica dix fois ; on n’avait jamais vu Clisson comme ça.

Entre les scènes — Le décor et ses habitants

Le Hellfest, c’est aussi tout ce qui se passe quand on tourne le dos aux scènes. Ce soir-là, le ciel a viré au rose puis au violet profond derrière les tours de délestage cornues — un décor de fin du monde que même le meilleur éclairagiste n’aurait pas osé programmer. Plus loin, la Gardienne trônait sous un ciel d’orage dramatique : une femme mécanique à cornes de bélier, corps orange et couvert de tatouages, juchée sur des pattes d’araignée chromées, immobile et souveraine au milieu de la foule. Et le grand crâne chromé couronné de papillons renvoyait les nuages comme un memento mori poli au miroir. Et puis il y a les festivaliers eux-mêmes : cette reine gothique en robe de dentelle noire et rouge, ombrelle assortie, petit chapeau haut-de-forme et lunettes cerclées, qui pointait l’objectif d’un doigt complice — pas immobile du tout, elle avait vu le photographe et elle jouait le jeu.

Note photographique

Tout ce week-end a été photographié au Leica Q2 — un boîtier, une focale, 28 mm et rien d’autre. Photographier le Hellfest ainsi, c’est composer avec tout ce qu’un capteur déteste : contre-jours violents, fumée, LED saturées, foules en mouvement — sans jamais pouvoir zoomer. On ne rapproche pas le sujet, on s’en approche. C’est le prix du 28 mm, et c’est aussi sa récompense : chaque image contient la scène et la foule, le concert et son monde. Le vert Metallica qui mange tout, le rose du crépuscule qui sauve tout — et toujours, dans le cadre, les gens qui font le Hellfest.


Il y a des festivals où l’on vient voir des concerts. Au Hellfest, on entre dans un monde. Dès l’allée principale, les façades de brique factice, le serpent qui avale une Les Paul au-dessus de la boutique ESP, l’enseigne Nuclear Blast et ses éclairs rouges : Clisson devient une ville frontière, quelque part entre Kustom Kulture et western métallique. Cette édition 2024, je l’ai traversée l’œil au viseur, entre deux orages et un coucher de soleil irréel.

Mass Hysteria — La fraternité en ouverture

Ciel gris, capuches et ponchos, et pourtant : dès les premières mesures, la Mainstage s’embrase. Mass Hysteria fait ce qu’aucun autre groupe français ne sait faire à ce niveau — transformer une plaine détrempée en assemblée fraternelle. Mouss harangue, le public répond, les cornes se lèvent par milliers. L’écran géant renvoie son image en miroir, comme si la furie était contagieuse jusque dans les pixels.

Skálmöld — L’Islande sous la Temple

Sous la Temple, changement de latitude. Les Islandais de Skálmöld déroulent leur metal viking devant une toile de fond aux teintes crépusculaires, guitariste torse nu et pied sur le retour, comme il se doit. Les faisceaux bleus découpent la fumée en cathédrale de lumière. C’est du metal de sagas : narratif, solennel, étrangement chaleureux.

Alien Weaponry — Le haka et le circle pit

Les Néo-Zélandais d’Alien Weaponry portent le thrash en langue māorie sur la Mainstage — et le public de Clisson leur répond à sa manière : d’abord le circle pit, qui dessine son cercle d’énergie pure, puis le wall of death qui s’ouvre en deux camps face à face avant de se percuter dans un fracas joyeux. Je me suis retrouvé dans l’axe du couloir vide, à hauteur d’homme, au moment précis où les deux murs humains se chargeaient l’un vers l’autre. C’est là que le Hellfest se photographie le mieux : dans cet espace d’une seconde qui n’appartient plus à personne, chargé de toute l’énergie du monde.

Metallica — La messe verte

Deux soirs, deux setlists, zéro doublon : le format M72 posé sur la plaine de Clisson — annoncé dès l’entrée du site par l’artwork officiel de la tournée, ce samouraï squelette portant une katana sur fond jaune-vert acide qui résumait à lui seul l’ambition de l’édition. Le samedi puis le dimanche, la scène immense s’est allumée de vert acide, les écrans crachant des ciels rouges d’apocalypse où se découpaient des silhouettes d’arbres morts — un paysage de fin du monde parfaitement calibré. Hetfield d’un côté, Trujillo de l’autre, et entre eux soixante mille personnes téléphone en main, comme une constellation terrestre. On peut avoir vu Metallica dix fois ; on n’avait jamais vu Clisson comme ça.

Entre les scènes — Le décor et ses habitants

Le Hellfest, c’est aussi tout ce qui se passe quand on tourne le dos aux scènes. Ce soir-là, le ciel a viré au rose puis au violet profond derrière les tours de délestage cornues — un décor de fin du monde que même le meilleur éclairagiste n’aurait pas osé programmer. Plus loin, la Gardienne trônait sous un ciel d’orage dramatique : une femme mécanique à cornes de bélier, corps orange et couvert de tatouages, juchée sur des pattes d’araignée chromées, immobile et souveraine au milieu de la foule. Et le grand crâne chromé couronné de papillons renvoyait les nuages comme un memento mori poli au miroir. Et puis il y a les festivaliers eux-mêmes : cette reine gothique en robe de dentelle noire et rouge, ombrelle assortie, petit chapeau haut-de-forme et lunettes cerclées, qui pointait l’objectif d’un doigt complice — pas immobile du tout, elle avait vu le photographe et elle jouait le jeu.

Note photographique

Tout ce week-end a été photographié au Leica Q2 — un boîtier, une focale, 28 mm et rien d’autre. Photographier le Hellfest ainsi, c’est composer avec tout ce qu’un capteur déteste : contre-jours violents, fumée, LED saturées, foules en mouvement — sans jamais pouvoir zoomer. On ne rapproche pas le sujet, on s’en approche. C’est le prix du 28 mm, et c’est aussi sa récompense : chaque image contient la scène et la foule, le concert et son monde. Le vert Metallica qui mange tout, le rose du crépuscule qui sauve tout — et toujours, dans le cadre, les gens qui font le Hellfest.


📷 Acquérir un tirage

Ces images sont disponibles en tirage Fine Art numéroté, de 30×20 cm à 60×40 cm. Impression jet d'encre sur papier Hahnemühle Photo Rag 308g.

Me contacter