Château-Gonthier, France
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Un festival que je ne connaissais pas il y a encore quelques semaines
Je ne connaissais pas le V and B Fest' avant cet été. C'est l'annonce de Robbie Williams — sa seule date française de 2026 — qui m'a fait découvrir Château-Gontier-sur-Mayenne et le domaine de la Maroutière. J'avais tenté d'obtenir une accréditation, mais je m'y suis pris trop tard : l'équipe de communication du festival a été chaleureuse malgré tout, et j'garde l'idée d'y revenir l'an prochain, avec plus d'anticipation.
Sans accréditation, j'ai fait un choix de raison : laisser le Sony A7R VI et le 70-200 mm f/4 GM II à la maison, trop volumineux pour une soirée sans statut particulier, et partir avec le seul Leica Q3 43. Une contrainte, mais aussi une manière de revenir à l'essentiel : un œil, un boîtier, une focale fixe.
À l'arrivée, l'orage. Une pluie brutale, un ciel bas et cahotique, et des festivaliers qui m'ont semblé plus électriques que d'habitude — certains franchement bien imbibés. Le site est immense, plusieurs scènes se répondent d'un bout à l'autre du domaine, et s'y repérer la première fois demande un peu de patience. Mais l'accueil, lui, ne pose aucune question : il est immédiatement chaleureux.
Si je devais situer le V and B Fest' quelque part dans ma cartographie personnelle des festivals, je dirais qu'il tient du Hellfest pour le site, l'échelle, les commerces et la restauration — et des Nuits de l'Erdre pour l'esprit musical. Un hybride assumé, une fête de village qui programme une pop star anglaise devant quarante mille personnes.
Robbie Williams, une première après des années
Je l'avais perdu de vue depuis longtemps. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre : avait-il vieilli ? Avait-il perdu de son énergie, cette électricité qui a fait sa légende depuis Take That ? La réponse est non. Sur scène, à 52 ans, il danse, il parle beaucoup, il manie l'humour et l'ironie avec une aisance intacte.
Ce qui a changé, ce n'est pas l'énergie : c'est le récit qu'il en fait. Le grand séducteur des années 2000 a cédé la place à un homme qui revendique haut et fort son statut de père de quatre enfants, heureux en couple, et qui situe explicitement le basculement de sa vie au moment de cette rencontre. Il le dit, il le répète, et visiblement il le vit.
Le répertoire, en grande partie connu des quarante mille spectateurs présents, est monté crescendo pour finir sur les plus grands tubes de sa carrière — la mécanique classique d'un artiste qui maîtrise son public depuis trente ans, mais qui n'en devient jamais mécanique pour autant.
Ce que je retiens
Je suis sorti de ce concert un peu hagard, sans vraiment réaliser ce que je venais de voir. Ce sont souvent les concerts les plus généreux qui laissent cette sensation-là : trop de matière, pas encore digérée. En me dirigeant vers la sortie, un DJ enchaînait de l'électro à plein volume devant la Scène Terminal ; des jeunes allongés dans l'herbe ne devaient plus entendre grand-chose, et des secouristes s'affairaient autour de l'un d'eux, visiblement plus marqué que les autres. Un rappel, sans dramatiser, que la fête a toujours un envers — et que la nuit d'un festival ne s'arrête pas avec la dernière note de la tête d'affiche.
Setlist
Non archivée à ce jour sur setlist.fm pour la date de Château-Gontier-sur-Mayenne du 20 août 2026. À titre de référence, voici la setlist jouée le 27 juin 2026 à Anvers (festival Live is Live), sur la même tournée BRITPOP — la structure de la soirée en donne une bonne idée, sous réserve de variations propres à l'étape française.
Let Me Entertain You
Song 2 / Seven Nation Army / Livin' on a Prayer (medley)
Rocket
Rock DJ
Love My Life
Pretty Face
Better Man / Sexed Up / Candy (medley)
Relight My Fire (reprise de Dan Hartman)
Something Beautiful
Millennium
Theme From New York, New York (reprise, John Kander)
Are You Gonna Go My Way / Another One Bites the Dust / Paradise City / Respect / Y.M.C.A. / Bohemian Rhapsody / Hey Jude (medley)
Come Undone
Kids
She's the One (reprise de World Party)
My Way (reprise de Paul Anka / adaptation de « Comme d'habitude », Claude François)
Rappel 17. Feel 18. Angels
👁️ L'Œil de l'expert
Toute la soirée a été couverte au seul Leica Q3 43 — sans accréditation photo, pas de fosse, pas de long télé possible de toute façon. La focale fixe de 43 mm oblige à composer avec ses jambes plutôt qu'avec un zoom : reculer, avancer, chercher l'angle où l'immense mur d'écrans LED de la scénographie BRITPOP (grille façon postes de télévision, cadres dorés géants, murs thermiques psychédéliques) vient border le sujet sans l'écraser.
L'ouverture à f/2 est restée quasi constante toute la soirée, seule l'ISO a grimpé pour suivre la chute de la lumière : de 125-400 ISO pendant les premiers tableaux (écrans rouges, TV-wall), jusqu'à 6400 ISO en toute fin de soirée dans l'obscurité du site, entre les stands du village festivalier. Deux clichés seulement sont montés à f/2,2 : les plans larges sur les portraits encadrés géants, où il fallait un peu plus de profondeur de champ pour garder net à la fois l'écran et la scène. Le 1/250s est resté la vitesse de sécurité de toute la série, y compris pour les scènes de nuit hors concert — au prix d'ISO élevées, mais avec la certitude de ne rien figer de flou dans une foule en mouvement.
Un seul cliché a été pris à l'iPhone 17 Pro Max, en secours au tout début du concert, pendant que je recomposais avec le Leica.


















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