
L'Olympia, Paris
5 min de lecture
La parenthèse enchantée
La parenthèse enchantée
Deux jours après les émeutes, l'Olympia affichait complet pour Anastacia. Une voix, une porte de scène, et près de deux heures où le monde est resté dehors.
Deux jours après les émeutes, l'Olympia affichait complet pour Anastacia. Une voix, une porte de scène, et près de deux heures où le monde est resté dehors.

Deux jours après les émeutes, Paris gardait le souffle court et l’Olympia avait rallumé son néon rouge. Pendant près de deux heures, une voix a tenu la porte fermée au reste du monde.
Boulevard des Capucines, 22 h 39
Le néon écrit ANASTACIA en lettres rouges. Juste en dessous, à moitié mangé par une branche de platane : COMPLET.
Sous l’auvent, la foule de la sortie ne se décide pas à partir. Un cycliste passe, flou, au premier plan. C’est la dernière image de ma soirée.
Ensuite, je suis rentré à pied jusqu’à l’hôtel. Deux jours plus tôt, Paris s’était embrasé. Les rues gardaient quelque chose de cette nuit-là : une tension, un silence de lendemain. Et moi, je marchais avec une chanson dans la tête.
Une maison, une porte
Sur scène, pas d’écran géant. Une façade de maison : briques peintes, graffitis, une étoile, des cœurs, huit fenêtres qui s’allument tour à tour en blanc, en violet, en rouge. Au centre, une porte en bois avec sa boîte aux lettres en laiton.
C’est par là qu’elle entre. C’est par là qu’elle reviendra en kimono vert, pour les chansons qui demandent qu’on baisse la lumière.
NTK, pour Not That Kind : son premier album, sorti en 2000, dont cette tournée célèbre les vingt-cinq ans. Un mois plus tôt, elle retrouvait l’OVO Arena Wembley pour la première fois depuis 2004. À Paris, une seule date, et une salle d’environ deux mille places. Complète.
En première partie, ACROBVT
Sur le fronton, le néon annonce la première partie : ACROBVT, jeune formation britannique de rock-pop emmenée par le chanteur Ben Edwards. Le groupe avait déjà ouvert toute la tournée britannique et irlandaise d’Anastacia en septembre.
La voix était là
20 h 54, premières images. Veste dorée, jean, lunettes noires : elle sort de la porte et descend vers le bord de scène.
Autour d’elle, sept musiciens et choristes : une percussionniste derrière ses congas, un batteur, un claviériste derrière ses deux Korg Kronos, un guitariste, un bassiste, un chanteur et une chanteuse en pantalon rouge. À l’avant-scène, deux ventilateurs posés au sol, comme dans un clip du début des années 2000.
Et la voix. Ce grain rauque, cette puissance qui semble partir du ventre plutôt que de la gorge. Vingt-cinq ans après, elle était là, intacte. On connaît ses combats, contre la maladie notamment. Ils ne se voient pas sur scène. Ils s’entendent.
21 h 36, le kimono vert, seule devant la porte, sous une pluie de petites lumières. 21 h 50, trois tabourets, une guitare acoustique, un cajón derrière : la grande salle de l’Olympia devient d’un coup un salon.
22 h 21, la percussionniste s’avance seule au djembé, prise dans un faisceau jaune, et la fosse lève les bras. Puis Anastacia revient, veste à sequins et lunettes rouges, et tend les mains vers le public qui les lui rend.
L’amour du public, la présence scénique, la voix. Quelle femme.
Ce que je retiens
Depuis Pink Floyd à Versailles en 1988, j’ai vu plus de 250 artistes sur scène. Les grandes émotions ne se jouent pas toujours dans les stades. Celle-ci s’est jouée dans un music-hall, un lundi soir, deux jours après les émeutes.
J’ai eu le sentiment d’avoir vécu une parenthèse enchantée dans un monde en ruine.
Un concert ne répare pas une ville. Mais pendant près de deux heures, il rend ce que les nuits d’émeute ont pris : le droit d’être serrés les uns contre les autres sans avoir peur les uns des autres.
Setlist
Pour cette date parisienne, setlist.fm ne confirme à ce jour que « I’m Outta Love » au rappel. La liste ci-dessous est celle d’Amsterdam (AFAS Live, 29 septembre 2026), même tournée, à titre de référence. L’ordre et certains titres ont varié d’un soir à l’autre.
One Day in Your Life
Now or Never (reprise de Johannes Oerding)
Staring at the Sun
Paid My Dues
Nobody Loves Me Better / Don’tcha Wanna
Sick and Tired
I Like It Like That / Smells Like Teen Spirit / Barbie Girl (medley de reprises)
Made for Lovin’ You
Vogue / This Is How We Do / Everybody (Backstreet’s Back) (medley de reprises)
Heavy on My Heart
You’ll Never Be Alone
Overdue Goodbye
How Come the World Won’t Stop (acoustique)
Welcome to My Truth (acoustique)
Wishing Well (acoustique)
All Right Now (reprise de Free)
Sweet Child o’ Mine (reprise de Guns N’ Roses)
Boxer
Left Outside Alone
Rappel
Not That Kind
I’m Outta Love (confirmé pour Paris)
Left Outside Alone (a cappella avec le public)
Première partie : ACROBVT.
L’Œil de l’expert
Le contexte.
Ce soir-là, c’était l’occasion de tester mon nouvel iPhone 18 Pro Max, en étant assez loin de la scène. Vue plongeante depuis le fond de salle, la régie son au premier plan : la scène entière dans le cadre, jamais un visage en gros plan.
Le matériel.
iPhone 18 Pro Max. Huit images sur neuf au téléobjectif : 16,9 mm réels, 100 mm en équivalent 24×36, ouverture fixe f/2,8. La façade de l’Olympia au module principal (6,9 mm, f/1,5, enregistrée à 35 mm équivalent). Fichiers DNG.
Les réglages.
Le téléphone décide, et les données racontent ses choix. Entre ISO 200 et ISO 1250, entre 1/40 s et 1/80 s. Le moment le plus parlant : à 22 h 20, le solo de djembé dans la pénombre passe à ISO 1250 et 1/40 s. Quarante-quatre secondes plus tard, Anastacia seule dans le cadre de la porte, sous un projecteur, redescend à ISO 200 et 1/60 s. L’appareil expose pour le sujet éclairé, pas pour la salle.
La lumière.
Une lumière en chapitres : rouge et blanc pour l’ouverture, violet et guirlandes pour le kimono, gobos bleus au sol pour l’acoustique, faisceau jaune pour la percussion. Dehors, le néon rouge sous une façade bleuie par la nuit, un rouge à la Saul Leiter.
Le verdict du test : à cette distance, ce n’est pas un 70-200 et il ne faut pas lui demander un portrait serré. Mais pour raconter la scène entière, la scénographie et la foule, le téléobjectif tient la route.
Boîtier : Apple iPhone 18 Pro Max · Post-traitement : Lightroom Classic (DNG) · Copyright : © Franck Torres @2026 — All Rights Reserved.

Deux jours après les émeutes, Paris gardait le souffle court et l’Olympia avait rallumé son néon rouge. Pendant près de deux heures, une voix a tenu la porte fermée au reste du monde.
Boulevard des Capucines, 22 h 39
Le néon écrit ANASTACIA en lettres rouges. Juste en dessous, à moitié mangé par une branche de platane : COMPLET.
Sous l’auvent, la foule de la sortie ne se décide pas à partir. Un cycliste passe, flou, au premier plan. C’est la dernière image de ma soirée.
Ensuite, je suis rentré à pied jusqu’à l’hôtel. Deux jours plus tôt, Paris s’était embrasé. Les rues gardaient quelque chose de cette nuit-là : une tension, un silence de lendemain. Et moi, je marchais avec une chanson dans la tête.
Une maison, une porte
Sur scène, pas d’écran géant. Une façade de maison : briques peintes, graffitis, une étoile, des cœurs, huit fenêtres qui s’allument tour à tour en blanc, en violet, en rouge. Au centre, une porte en bois avec sa boîte aux lettres en laiton.
C’est par là qu’elle entre. C’est par là qu’elle reviendra en kimono vert, pour les chansons qui demandent qu’on baisse la lumière.
NTK, pour Not That Kind : son premier album, sorti en 2000, dont cette tournée célèbre les vingt-cinq ans. Un mois plus tôt, elle retrouvait l’OVO Arena Wembley pour la première fois depuis 2004. À Paris, une seule date, et une salle d’environ deux mille places. Complète.
En première partie, ACROBVT
Sur le fronton, le néon annonce la première partie : ACROBVT, jeune formation britannique de rock-pop emmenée par le chanteur Ben Edwards. Le groupe avait déjà ouvert toute la tournée britannique et irlandaise d’Anastacia en septembre.
La voix était là
20 h 54, premières images. Veste dorée, jean, lunettes noires : elle sort de la porte et descend vers le bord de scène.
Autour d’elle, sept musiciens et choristes : une percussionniste derrière ses congas, un batteur, un claviériste derrière ses deux Korg Kronos, un guitariste, un bassiste, un chanteur et une chanteuse en pantalon rouge. À l’avant-scène, deux ventilateurs posés au sol, comme dans un clip du début des années 2000.
Et la voix. Ce grain rauque, cette puissance qui semble partir du ventre plutôt que de la gorge. Vingt-cinq ans après, elle était là, intacte. On connaît ses combats, contre la maladie notamment. Ils ne se voient pas sur scène. Ils s’entendent.
21 h 36, le kimono vert, seule devant la porte, sous une pluie de petites lumières. 21 h 50, trois tabourets, une guitare acoustique, un cajón derrière : la grande salle de l’Olympia devient d’un coup un salon.
22 h 21, la percussionniste s’avance seule au djembé, prise dans un faisceau jaune, et la fosse lève les bras. Puis Anastacia revient, veste à sequins et lunettes rouges, et tend les mains vers le public qui les lui rend.
L’amour du public, la présence scénique, la voix. Quelle femme.
Ce que je retiens
Depuis Pink Floyd à Versailles en 1988, j’ai vu plus de 250 artistes sur scène. Les grandes émotions ne se jouent pas toujours dans les stades. Celle-ci s’est jouée dans un music-hall, un lundi soir, deux jours après les émeutes.
J’ai eu le sentiment d’avoir vécu une parenthèse enchantée dans un monde en ruine.
Un concert ne répare pas une ville. Mais pendant près de deux heures, il rend ce que les nuits d’émeute ont pris : le droit d’être serrés les uns contre les autres sans avoir peur les uns des autres.
Setlist
Pour cette date parisienne, setlist.fm ne confirme à ce jour que « I’m Outta Love » au rappel. La liste ci-dessous est celle d’Amsterdam (AFAS Live, 29 septembre 2026), même tournée, à titre de référence. L’ordre et certains titres ont varié d’un soir à l’autre.
One Day in Your Life
Now or Never (reprise de Johannes Oerding)
Staring at the Sun
Paid My Dues
Nobody Loves Me Better / Don’tcha Wanna
Sick and Tired
I Like It Like That / Smells Like Teen Spirit / Barbie Girl (medley de reprises)
Made for Lovin’ You
Vogue / This Is How We Do / Everybody (Backstreet’s Back) (medley de reprises)
Heavy on My Heart
You’ll Never Be Alone
Overdue Goodbye
How Come the World Won’t Stop (acoustique)
Welcome to My Truth (acoustique)
Wishing Well (acoustique)
All Right Now (reprise de Free)
Sweet Child o’ Mine (reprise de Guns N’ Roses)
Boxer
Left Outside Alone
Rappel
Not That Kind
I’m Outta Love (confirmé pour Paris)
Left Outside Alone (a cappella avec le public)
Première partie : ACROBVT.
L’Œil de l’expert
Le contexte.
Ce soir-là, c’était l’occasion de tester mon nouvel iPhone 18 Pro Max, en étant assez loin de la scène. Vue plongeante depuis le fond de salle, la régie son au premier plan : la scène entière dans le cadre, jamais un visage en gros plan.
Le matériel.
iPhone 18 Pro Max. Huit images sur neuf au téléobjectif : 16,9 mm réels, 100 mm en équivalent 24×36, ouverture fixe f/2,8. La façade de l’Olympia au module principal (6,9 mm, f/1,5, enregistrée à 35 mm équivalent). Fichiers DNG.
Les réglages.
Le téléphone décide, et les données racontent ses choix. Entre ISO 200 et ISO 1250, entre 1/40 s et 1/80 s. Le moment le plus parlant : à 22 h 20, le solo de djembé dans la pénombre passe à ISO 1250 et 1/40 s. Quarante-quatre secondes plus tard, Anastacia seule dans le cadre de la porte, sous un projecteur, redescend à ISO 200 et 1/60 s. L’appareil expose pour le sujet éclairé, pas pour la salle.
La lumière.
Une lumière en chapitres : rouge et blanc pour l’ouverture, violet et guirlandes pour le kimono, gobos bleus au sol pour l’acoustique, faisceau jaune pour la percussion. Dehors, le néon rouge sous une façade bleuie par la nuit, un rouge à la Saul Leiter.
Le verdict du test : à cette distance, ce n’est pas un 70-200 et il ne faut pas lui demander un portrait serré. Mais pour raconter la scène entière, la scénographie et la foule, le téléobjectif tient la route.
Boîtier : Apple iPhone 18 Pro Max · Post-traitement : Lightroom Classic (DNG) · Copyright : © Franck Torres @2026 — All Rights Reserved.

20:54:08 · iPhone 18 Pro Max · 100 mm éq. · f/2,8 · ISO 400 · 1/80 s
21:50:37 · iPhone 18 Pro Max · 100 mm éq. · f/2,8 · ISO 250 · 1/50 s
22:23:53 · iPhone 18 Pro Max · 100 mm éq. · f/2,8 · ISO 500 · 1/60 s
20:54:14 · iPhone 18 Pro Max · 100 mm éq. · f/2,8 · ISO 500 · 1/70 s
22:20:58 · iPhone 18 Pro Max · 100 mm éq. · f/2,8 · ISO 1250 · 1/40 s
22:27:12 · iPhone 18 Pro Max · 100 mm éq. · f/2,8 · ISO 500 · 1/80 s
21:35:58 · iPhone 18 Pro Max · 100 mm éq. · f/2,8 · ISO 400 · 1/60 s
22:21:44 · iPhone 18 Pro Max · 100 mm éq. · f/2,8 · ISO 200 · 1/60 s
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