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Résumé
Chronique d’un monde qui court sans se demander où il va “L’accélération du temps n’est pas qu’un phénomène social : c’est une maladie de civilisation.” — Hartmut Rosa Notre époque ne tolère plus l’attente.
Chronique d’un monde qui court sans se demander où il va
“L’accélération du temps n’est pas qu’un phénomène social : c’est une maladie de civilisation.” — Hartmut Rosa
Notre époque ne tolère plus l’attente.
Elle exige l’instantané, glorifie la réactivité, sanctifie l’urgence.
Et dans cette course folle, une chose semble avoir été sacrifiée en silence : le temps humain .
Silence suspect, lenteur coupable, respiration interdite.
Travailler aujourd’hui, c’est souvent s’adapter à une mécanique qui broie plus qu’elle ne construit.
L’illusion de la performance perpétuelle
Dans de nombreuses entreprises, le travail s’est dématérialisé, mais l’urgence s’est matérialisée .
Les journées sont pleines, mais creuses.
Les agendas saturés, mais les idées rares.
Les décisions sont prises rapidement… puis corrigées tout aussi rapidement.
On ne laisse plus les projets mûrir.
On ne laisse plus les esprits s’aligner.
On agit, souvent sans comprendre, et on espère que ça tienne.
Mais à quel prix ?
L’accélération comme piège collectif
Le sociologue Hartmut Rosa parle d’ “accélération sociale” : un phénomène où la société ne cesse d’accélérer pour maintenir sa position… au risque de tout perdre.
Dans le monde du travail, cela se traduit par :
- des salariés en apnée numérique ,
- des collectifs désagrégés par la pression des délais ,
- et une fatigue profonde qui ne se voit pas, mais qui se ressent partout.
Un cadre supérieur en réunion permanente.
Une assistante multitâche noyée sous les mails.
Un technicien qu’on presse d’aller plus vite avec moins de moyens.
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