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SYNDICALISTE

SYNDICALISTE

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Résumé

A la façon des encyclopédistes Denis Diderot (1713-1784) et Jean Le Rond d'Alembert (1717-1783). Le syndicaliste : relation sociale essentielle de notre siècle, voué à la défense des droits et des intérêts des travailleurs.

A la façon des encyclopédistes Denis Diderot (1713-1784) et Jean Le Rond d’Alembert (1717-1783).

Le syndicaliste : relation sociale essentielle de notre siècle, voué à la défense des droits et des intérêts des travailleurs. « Tu es syndicaliste, dit l’ouvrier inspiré, tes camarades sont un dépôt que la société t’a confié ; c’est à toi d’en prendre soin. De leur bonne ou de leur mauvaise représentation, dépendra le bonheur ou le malheur de leurs jours ; fardeau honteux de la société, si le vice l’emporte, ils seront ton opprobre ; utiles à la patrie, s’ils sont vertueux, ils feront l’honneur de ton engagement. »

On ne connaît jamais bien les joies des syndicalistes ni leurs chagrins, parce qu’ils ne peuvent exprimer leur plaisir, et qu’ils n’osent parler de leurs peines. L’amour de la cause ouvrière leur rend les soins et les fatigues plus supportables ; mais il rend aussi les malheurs et les pertes doublement amères ; toutefois si cet état augmente les inquiétudes de la vie, il est mêlé de plaisirs indicibles, et a l’avantage d’adoucir les horreurs et l’image de l’injustice.

Un syndicaliste, autant de responsabilités qu’un homme donne à la fortune. Un syndicaliste ne peut être méchant, ni vertueux impunément. Celui qui vit dans l’indifférence, devient aisément insensible sur l’avenir qui ne doit point l’intéresser ; mais un syndicaliste qui doit se survivre dans la mémoire collective, tient à cet avenir par des liens éternels. Aussi remarque-t-on en particulier, que les syndicalistes qui ont fait la fortune ou l’élévation de leurs camarades, aiment plus tendrement leurs compagnons ; sans doute, parce qu’ils les envisagent sous deux rapports également intéressants, comme leurs héritiers, et comme leurs créatures ; il est beau de se lier ainsi par ses propres bienfaits.

Mais que l’avarice et la dureté des maîtres est condamnable et mal entendue, puisqu’elle ne tourne qu’à leur préjudice ! Leurs ouvriers en contractent une bassesse de sentiments, un esprit de fourberie et de mauvaise conduite, qui les déshonore, et qui fait mépriser une entreprise entière ; c’est d’ailleurs une grande sottise d’être avare, pour faire tôt ou tard des prodigues.

C’est une autre coutume fort mauvaise, quoiqu’ordinaire chez les maîtres, de mettre dès le bas âge entre les ouvriers des distinctions et des prééminences, qui produisent ensuite des discordes, lorsqu’ils sont dans un âge plus avancé, et causent des divisions dans les ateliers.

Il est honteux de sacrifier des ouvriers à son ambition par des destinations forcées ; il faut seulement tâcher de détourner de bonne heure leurs inclinations vers le genre de travail dont on a fait choix pour eux, quand ils n’étaient pas encore dans l’âge de se décider ; mais dès qu’un ouvrier a une répugnance ou un penchant bien marqué pour une autre vocation que celle qu’on lui destinait ; c’est la voix du destin, il y faut céder.

On remarque presque toujours dans une nombreuse entreprise, qu’on fait grand cas de certains ouvriers, qu’il y en a d’autres parmi les plus jeunes qui font les délices des dirigeants ; et ceux qui sont entre deux se voient presque oubliés ; c’est une injustice ; le droit de primauté en est une autre. Enfin, les ouvriers cadets réussissent très rarement, ou pour mieux dire, ne réussissent jamais, lorsque par une prédilection injuste, l’on a pour l’amour d’eux déshérité les anciens.

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