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L’usure du combat, la routine du courage

L’usure du combat, la routine du courage

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Résumé

Chaque mois, chaque trimestre, chaque année. On ouvre les mêmes ordres du jour.

Chaque mois, chaque trimestre, chaque année.

On ouvre les mêmes ordres du jour.

On relit les mêmes bilans sociaux.

On entend les mêmes mots : “contexte difficile” , “priorités stratégiques” , “ce n’est pas le moment” .

Et nous, élus, représentants, militants, on se retrouve dans la même salle, parfois virtuelle, à poser les mêmes questions, porter les mêmes alertes, recevoir les mêmes silences ou les mêmes refus polis.

Et parfois, pire que le refus : l’absence de réponse .

Pas seulement de la direction. Mais aussi parfois dans nos propres rangs.

Des questions qu’on adresse à nos collègues, à notre structure, à notre section… et qui restent sans écho.

Pas par malveillance. Par fatigue, par débordement, par résignation peut-être.

Alors monte une autre réalité, plus sourde : celle de notre solitude .

La solitude de celui qui porte les colères, les espoirs, les peines des autres… sans toujours pouvoir partager les siennes.

La solitude du représentant qui doute mais continue.

Qui écoute tout le monde… mais que peu de gens écoutent.

À force, l’exercice use.

Non pas parce qu’il serait vide de sens — au contraire, il est essentiel.

Mais parce qu’il se répète. Il tourne. Il lasse.

Le CSE devient parfois une liturgie sociale : les mêmes psaumes d’inquiétude, les mêmes litanies de souffrance au travail, les mêmes réponses désincarnées… et parfois les mêmes silences syndicaux.

Et pourtant, on y retourne.

Pas par résignation. Mais parce qu’on sait qu’il faut être là.

Pour les collègues. Pour les invisibles. Pour ceux qui n’ont que nous comme écho.

Mais il faut aussi le dire : le risque, ce n’est pas l’ennemi. C’est la routine.

Le plus grand danger, ce n’est pas la direction. C’est l’érosion intérieure.

Et quand la fatigue s’installe , vraiment, retrouver du rebond devient une bataille intime .

On veut y croire, mais l’élan manque.

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