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Résumé
Il y a une force qu’on oublie trop souvent dans l’engagement syndical : l’instinct. Celui qui précède le discours.
Il y a une force qu’on oublie trop souvent dans l’engagement syndical : l’instinct . Celui qui précède le discours. Celui qui brûle avant l’argumentaire. Celui qui, un matin, sans autorisation ni consensus, fait se lever une voix, un regard, un corps.
On parle beaucoup de méthode, de stratégie, de processus. Mais rarement de ce mouvement intérieur qui nous pousse à agir pour les autres, parfois contre tous, toujours envers soi-même . Ce mouvement-là ne se planifie pas. Il s’éprouve. Et c’est souvent lui qui distingue l’acteur du commentateur.
Le syndicaliste ne naît pas d’une fiche de poste. Il naît d’un moment. Un moment d’injustice, d’incompréhension ou d’appel. Un moment où l’on sent que se taire serait plus grave que se tromper.
Ce que je veux dire, c’est ceci : il faut de l’instinct pour oser. Et il faut oser pour changer.
La scène syndicale, ce théâtre du réel
Les syndicalistes sont des travailleurs. Des experts. Des techniciens du droit social, du compromis et de l’humain. Mais ils sont aussi, et il faut le dire sans détour, des personnages publics .
Nous parlons devant des salles hostiles ou endormies. Nous écrivons pour être lus vite, compris juste, partagés parfois. Nous sommes orateurs, narrateurs, pédagogues. Acteurs, même , quand il faut incarner une idée plus grande que soi.
Et puis il y a cette autre part de nous, la plus précieuse : l’humanité. Le doute. La peur. Le silence entre deux phrases. Le regard avant de dire “non”. Il faut beaucoup de lucidité pour comprendre que le militantisme n’est pas une armure , mais un miroir. On y voit tout : la fatigue, la passion, l’excès, la foi.
Le risque n’est pas une option, c’est une condition
S’engager sans risque, c’est faire du syndicalisme de confort. Or, il n’y a rien de plus inutile qu’une parole tiède.
Ce que je défends ici, ce n’est pas la prise de risque aveugle, c’est le courage éclairé. Celui qui assume de déplaire à court terme pour faire bouger les lignes à long terme. Celui qui accepte l’erreur comme un passage obligé vers l’impact.
J’ai vu des syndicalistes perdre pied, j’en ai vu d’autres gagner du terrain. Le point commun entre eux ? Ils ont tous pris position. Ceux qui restent immobiles n’ont pas tort. Mais ils n’ont pas raison non plus. Ils ne comptent pas. Et quand on défend les autres, il faut compter.
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