Toutes les newsletters
NEWSLETTER · EN QUELQUES LIGNES
Résumé
A la façon de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778). Ma chère Marie-Thérèse, Si par un caprice de la Providence, je me retrouvais soudainement transporté de notre siècle éclairé à cette année 2024, quel ne serait pas mon étonnement et ma perplexité face à ce monde nouveau ! Permets-moi, ma tendre amie,
A la façon de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778).
Ma chère Marie-Thérèse,
Si par un caprice de la Providence, je me retrouvais soudainement transporté de notre siècle éclairé à cette année 2024, quel ne serait pas mon étonnement et ma perplexité face à ce monde nouveau ! Permets-moi, ma tendre amie, de te partager mes observations et mes réflexions sur cette société qui, tout en ayant accompli de grands progrès, semble avoir perdu son chemin.
Je commence par ce qui me frappe le plus : la ville moderne. Les bâtiments sont devenus des géants de verre et d’acier, montant si haut qu’ils semblent vouloir toucher le ciel. La nature, jadis si proche et bienfaisante, a presque disparu, reléguée à quelques maigres espaces verts. Où sont passés ces champs verdoyants et ces forêts chantantes où nous aimions tant nous promener, comme à Ermenonville, ce lieu de paix où je trouvais autrefois tant de sérénité ?
“L’homme est né libre, et partout il est dans les fers.”
Du Contrat social
Les inventions de ce siècle sont autant merveilleuses qu’inquiétantes. Partout, des écrans lumineux captivent les regards, des machines parlent et pensent pour l’homme, qui semble devenu l’esclave de ses propres créations. Que penserait l’homme naturel de cet univers artificiel et de cette aliénation volontaire ? Dans cette société, je ne retrouve guère le jardin simple et paisible où j’aimais herboriser avec l’abbé de Condillac, observant la nature et réfléchissant sur nos idées.
“Le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise.”
Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes
Je m’attarde ensuite sur l’éducation. Quelle désillusion de voir que, malgré mes écrits, l’éducation des enfants semble plus rigide et contraignante que jamais. Les petits êtres, qui devraient s’épanouir librement, sont plongés dès leur plus jeune âge dans une compétition acharnée, formatés pour correspondre à des normes inflexibles. Je me souviens des promenades que nous faisions avec nos enfants sur les bords de l’Arve, où je tentais de leur enseigner les merveilles de la nature et la simplicité des vérités premières.
“L’éducation de l’homme commence à sa naissance ; avant de parler, avant que d’entendre, il s’instruit déjà.”
Émile, ou De l’éducation
Lire la publication sur LinkedIn
