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Il n’est jamais trop tard pour changer : plaidoyer pour les réveils tardifs

Il n’est jamais trop tard pour changer : plaidoyer pour les réveils tardifs

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Résumé

Il existe une idée reçue profondément ancrée dans nos imaginaires collectifs : celle selon laquelle le changement serait l’apanage des premiers de cordée, des pionniers, des innovateurs nés. Une vision romantique du progrès qui glorifie l’avant-garde et moque ceux qui hésitent, doutent, résistent.

Il existe une idée reçue profondément ancrée dans nos imaginaires collectifs : celle selon laquelle le changement serait l’apanage des premiers de cordée, des pionniers, des innovateurs nés. Une vision romantique du progrès qui glorifie l’avant-garde et moque ceux qui hésitent, doutent, résistent. Pourtant, dans la réalité du travail, des institutions, des collectifs comme des individus, les choses sont rarement si linéaires.

Le changement, s’il peut parfois surgir d’un élan visionnaire, naît le plus souvent de l’usure des anciennes logiques, de l’évidence accumulée des impasses, et d’une prise de conscience différée . Ce qui compte alors, ce n’est pas tant le moment où l’on bouge que le fait que l’on bouge enfin .

I. Le retard n’est pas une faute

Dans un monde obsédé par la rapidité, être en retard devient une faute morale. Dans la sphère professionnelle notamment, ne pas anticiper une mutation est souvent interprété comme une incompétence . Pourtant, il faut rappeler que les délais d’appropriation des nouveautés sont hétérogènes. On ne change pas ses repères, ses outils ou sa culture en un clic

Qu’il s’agisse de transformation numérique, de transition écologique ou d’évolution managériale, les phases de résistance sont normales, et parfois nécessaires . Elles traduisent la complexité humaine face à ce qui dérange l’ordre établi. Mais ces résistances ne sont pas forcément des blocages définitifs. Elles peuvent être suivies, parfois tardivement, de virages significatifs.

J’ai vu des directions refuser pendant des années le télétravail… et en devenir les plus fervents défenseurs après la crise sanitaire. J’ai vu des managers rejeter toute logique collaborative… avant de bâtir des équipes en cercles de confiance. J’ai vu des institutions bancaires ignorer l’IA… et désormais former leurs salariés aux modèles génératifs.

II. La peur du changement est une donnée structurelle

Le changement ne fait pas peur parce qu’il est nouveau. Il fait peur parce qu’il remet en cause un équilibre , une sécurité, un savoir-faire, parfois même une identité professionnelle.

Dans son Essai sur la lucidité , José Saramago écrit :

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