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Banksy, une goutte d'eau et le mur du bureau

Banksy, une goutte d'eau et le mur du bureau

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Résumé

Jusqu'au 1er novembre, « The House of Banksy » à Nantes interroge le pouvoir du street art pour se faire entendre — et ce que la communication syndicale peut en apprendre.

Jusqu’au 1er novembre, le Parc des Expositions de la Beaujoire accueille « The House of Banksy », une exposition qui se revendique « non autorisée ». Le paradoxe est savoureux pour un artiste qui n’a jamais demandé la permission à personne avant de peindre un mur.

Elle réunit plus de 150 œuvres, graffitis, sculptures, gravures, installations, et ce sont pour l’essentiel des reproductions : la plupart des originaux ont été effacés, recouverts ou vendus. Le street art est fait pour disparaître, et il continue pourtant de parler.

J’ai toujours aimé le street art. Quand je voyage, je ne manque jamais une sortie photo consacrée aux murs de la ville : un mur peint en dit souvent plus long sur une époque que bien des rapports officiels.

Banksy interpelle, crée, innove et fait réfléchir avec presque rien. Une petite fille lâche un ballon rouge. Un manifestant lance un bouquet de fleurs à la place d’un cocktail Molotov. En 2018, chez Sotheby’s, une de ses toiles se déchiquette à moitié dans son cadre à la seconde où le marteau tombe. Un décalage, un peu d’humour, et le secret espoir de bouger les mentalités.

Le procédé est vieux comme les murs. À Pompéi, les corporations de métiers peignaient leurs consignes de vote sur les façades, et les foulons, ces ouvriers du textile, soutenaient leurs candidats en pleine rue. En mai 1968, les murs de Paris réclamaient « l’imagination au pouvoir ». À deux mille ans d’écart, la même intuition : pour être entendu, il faut d’abord être vu, et pour être vu, il faut surprendre.

Cette réflexion m’a ramené à ma propre pratique. La communication syndicale informe beaucoup et interpelle peu. Nos tracts sont complets, nos comptes rendus exhaustifs, et rares sont ceux qui les lisent jusqu’au bout. Un salarié submergé de sollicitations ne s’arrête pas devant un texte. Il s’arrête devant une question qui le dérange ou une image qui le fait sourire.

Depuis plusieurs années, sur ce fil comme ailleurs, j’essaie à mon modeste niveau de réveiller les consciences et de faire réfléchir : sur l’intelligence artificielle, sur le sens du travail, sur ce que nous voulons garder d’humain dans nos métiers.

Et souvent, la question revient : à quoi cela sert-il ? Est-ce vain ? Un post de plus dans un flux qui défile.

Hier soir, j’avais une réponse concrète. Depuis plusieurs jours, nous nous battions pour que nos collègues des agences de centre-ville soient déplacés le 24 octobre, jour de manifestations, afin de ne leur faire courir aucun risque. Nous avons été entendus. Ce genre de victoire ne se voit pas : aujourd’hui, ils vont travailler simplement en sécurité.

Chaque fois que le doute s’installe, il finit par disparaître, petit à petit. Je me dis que chaque goutte d’eau qui tombe dans l’océan l’empêche de se tarir et crée la dynamique des fluides. Camus l’avait écrit à propos de Sisyphe : « La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. »

Observer, questionner, interroger, transcrire, transmettre : c’est une énergie de chaque instant, une réflexion qui ne s’arrête jamais vraiment et qui fatigue parfois. Mais quelle force de se sentir vivant, et de contribuer au mieux-être de quelques-uns.

Banksy peint des murs qui seront effacés. Il le sait, et il peint quand même. Ce qui reste, c’est ce que l’œuvre a laissé dans le regard de celui qui est passé devant.

Notre organisation a cette mission-là aussi : défendre les salariés, et leur donner envie de penser par eux-mêmes.

« Et vous, quelle est la dernière goutte d’eau que vous avez versée, au travail ou ailleurs ? 👇

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