Saint-Denis, France
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Retrouver la bête
Il y a des groupes qu'on regarde depuis les gradins, et il y a Rammstein, qu'on ne peut vivre que depuis la fosse. Ce samedi 22 juillet, le Stade de France recevait l'unique date parisienne de leur tournée européenne des stades. Portes à 17h30, première partie confiée à Abélard — un duo de pianistes françaises, contraste presque incongru avant que la machine ne se mette en marche. Puis, vers 21h15, sur les premières notes de Music for the Royal Fireworks de Haendel, la silhouette du groupe est descendue lentement depuis le sommet de la tour qui surplombe la scène. Le rideau tombe, « Rammlied » explose. Trois heures de concert allaient suivre.
La tour et le feu
La scénographie n'a pas changé depuis 2019, et c'est tant mieux : une tour-cathédrale en acier, des rosaces qui s'illuminent comme des soleils industriels, et au milieu, cette lettre R que je connais par cœur pour l'avoir photographiée plusieurs fois déjà. Ce soir-là, elle happe littéralement la lumière — rouge sang sur « Deutschland », blanche et verticale comme des barreaux de lumière sur « Rammstein ». Les lance-flammes greffés aux guitares, l'étoile de feu qui entoure Till Lindemann, les jets qui montent jusqu'au toit du stade : je n'ai jamais autant senti la chaleur d'un concert à travers un boîtier d'appareil photo.
Depuis la fosse, à l'iPhone
Cette fois, pas de Leica ni de Sony au poignet — seulement mon iPhone 14 Pro Max, glissé entre deux épaules, levé à bout de bras au bon moment. Une contrainte qui devient presque une méthode : pas de réglages, juste l'instant, la brûlure de l'air chaud qui remonte depuis la fosse, les mains qui filment autour de moi, le bruit sourd des basses dans la poitrine. C'est une autre manière de regarder — plus animale, moins posée — et elle collait parfaitement à ce que Rammstein donne à vivre.
Ce que j'en retiens
Le groupe a rejoué « Bestrafe mich », qui n'était pas remonté sur scène depuis une vingtaine d'années à l'occasion de la réédition du 25ᵉ anniversaire de Sehnsucht. Et puis cette fin rituelle, immuable et pourtant toujours aussi forte : le genou à terre pour saluer la foule, la remontée dans l'ascenseur, un dernier signe depuis le sommet de la tour. « Adieu » referme le show — un titre qui, ce soir-là, sonnait presque comme une question.
Setlist
Ouverture
Music for the Royal Fireworks (Haendel)
Set principal
Rammlied
Links 2-3-4
Bestrafe mich
Giftig
Sehnsucht
Mein Herz brennt
Puppe
Angst
Zeit
Deutschland (RMX by Richard Z. Kruspe)
Deutschland
Radio
Mein Teil
Du hast
Sonne
Engel (version Scala & Kolacny Brothers, avec Abélard)
B-Stage
Ausländer
Du riechst so gut
Ohne dich
Rammstein
Ich will
Adieu






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