Saint-Denis, France

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Rammstein — Stade de France, 22 juillet 2023

Rammstein — Stade de France, 22 juillet 2023

Une étoile de feu, une lettre R haute comme une tour, et quatre-vingt mille personnes debout dans la fosse. Je les avais déjà vus. Cette fois, c'était brut, presque bestial — et je voulais le sentir de l'intérieur, au milieu de la foule.

Une étoile de feu, une lettre R haute comme une tour, et quatre-vingt mille personnes debout dans la fosse. Je les avais déjà vus. Cette fois, c'était brut, presque bestial — et je voulais le sentir de l'intérieur, au milieu de la foule.

Rammstein

Retrouver la bête

Il y a des groupes qu'on regarde depuis les gradins, et il y a Rammstein, qu'on ne peut vivre que depuis la fosse. Ce samedi 22 juillet, le Stade de France recevait l'unique date parisienne de leur tournée européenne des stades. Portes à 17h30, première partie confiée à Abélard — un duo de pianistes françaises, contraste presque incongru avant que la machine ne se mette en marche. Puis, vers 21h15, sur les premières notes de Music for the Royal Fireworks de Haendel, la silhouette du groupe est descendue lentement depuis le sommet de la tour qui surplombe la scène. Le rideau tombe, « Rammlied » explose. Trois heures de concert allaient suivre.

La tour et le feu

La scénographie n'a pas changé depuis 2019, et c'est tant mieux : une tour-cathédrale en acier, des rosaces qui s'illuminent comme des soleils industriels, et au milieu, cette lettre R que je connais par cœur pour l'avoir photographiée plusieurs fois déjà. Ce soir-là, elle happe littéralement la lumière — rouge sang sur « Deutschland », blanche et verticale comme des barreaux de lumière sur « Rammstein ». Les lance-flammes greffés aux guitares, l'étoile de feu qui entoure Till Lindemann, les jets qui montent jusqu'au toit du stade : je n'ai jamais autant senti la chaleur d'un concert à travers un boîtier d'appareil photo.

Depuis la fosse, à l'iPhone

Cette fois, pas de Leica ni de Sony au poignet — seulement mon iPhone 14 Pro Max, glissé entre deux épaules, levé à bout de bras au bon moment. Une contrainte qui devient presque une méthode : pas de réglages, juste l'instant, la brûlure de l'air chaud qui remonte depuis la fosse, les mains qui filment autour de moi, le bruit sourd des basses dans la poitrine. C'est une autre manière de regarder — plus animale, moins posée — et elle collait parfaitement à ce que Rammstein donne à vivre.

Ce que j'en retiens

Le groupe a rejoué « Bestrafe mich », qui n'était pas remonté sur scène depuis une vingtaine d'années à l'occasion de la réédition du 25ᵉ anniversaire de Sehnsucht. Et puis cette fin rituelle, immuable et pourtant toujours aussi forte : le genou à terre pour saluer la foule, la remontée dans l'ascenseur, un dernier signe depuis le sommet de la tour. « Adieu » referme le show — un titre qui, ce soir-là, sonnait presque comme une question.

Setlist

Ouverture

Music for the Royal Fireworks (Haendel)

Set principal

  1. Rammlied

  2. Links 2-3-4

  3. Bestrafe mich

  4. Giftig

  5. Sehnsucht

  6. Mein Herz brennt

  7. Puppe

  8. Angst

  9. Zeit

  10. Deutschland (RMX by Richard Z. Kruspe)

  11. Deutschland

  12. Radio

  13. Mein Teil

  14. Du hast

  15. Sonne

  16. Engel (version Scala & Kolacny Brothers, avec Abélard)

B-Stage

  1. Ausländer

  2. Du riechst so gut

  3. Ohne dich

  4. Rammstein

  5. Ich will

  6. Adieu

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