Clisson, France

Deux ans sans Hellfest. Deux ans de plaine vide, de rendez-vous reportés, de bracelets conservés comme des reliques. Alors quand les portes ont rouvert en juin 2022, ce n'était pas une édition de plus : c'était une réparation. L'organisation avait vu les choses en grand — une édition démesurée, historique — et le public est venu comme on revient de loin. Moi aussi, boîtier en main.
🤘 La foule, sujet principal
Ce week-end-là, j'ai peu photographié les scènes et beaucoup photographié les gens. Le crowdsurfing sous un ciel bleu insolent, corps porté à bout de bras, cornes levées vers la Mainstage. Les mains qui se tendent, les semelles qui passent au-dessus des têtes. Au Hellfest, la foule n'assiste pas au spectacle : elle en est un.
🎧 Les enfants du metal
Ma photo préférée de la série, peut-être : deux gamins perchés sur les épaules de leurs parents, casques antibruit jaunes et noirs, doigt pointé vers la scène. On dit du metal que c'est une musique de marginaux ; c'est surtout, à Clisson, une affaire de transmission. Ces enfants-là racontent mieux le festival que n'importe quel communiqué de presse.
🏗️ Une ville, pas un site
Entre deux concerts, le Hellfest se visite comme une ville. La place de Hell City et son arbre d'acier rouillé peuplé d'oiseaux de métal, les façades factices — Nuclear Blast, ESP, Greetings From Hell — les gradins de la Warzone où l'on souffle entre deux pits, la façade du bar en tôle ajourée devant laquelle flotte un Gwenn ha Du. Tout est décor, et tout est vrai : dix-huit ans de bricolage monumental ont fait de cette plaine le plus grand œuvre de ferronnerie festive d'Europe.
🎸 Scènes de rue
Il y a aussi ces instants volés qui font le sel du reportage : un guitariste en pleine démo dans le stand ESP, concentré sous son casque, ardoise manuscrite annonçant le programme. Et cette ligne d'urinoirs alignés devant la pyramide noire, que je n'ai pas résisté à cadrer — parce que le Hellfest, c'est aussi ça : une logistique de ville moyenne déguisée en décor de Mad Max, et un sens du burlesque involontaire à chaque coin d'allée.
📷 Note photographique
Toute la série est signée Leica Q2 — 28 mm, une focale, aucun filet. En plein jour, sous ce soleil dur de juin, le Q2 est dans son élément : les ciels tiennent, les noirs des t-shirts ne bouchent pas, et le 28 mm oblige à entrer dans la foule plutôt qu'à la survoler. C'est une photographie de proximité, à hauteur d'épaule et de sueur. La seule bonne distance, ici.








📷 Acquérir un tirage — Buy a print
Ces images sont disponibles en tirage Fine Art numéroté, de 30×20 cm à 60×40 cm. Impression jet d\’encre sur papier Hahnemühle Photo Rag 308g.
These images are available as numbered Fine Art prints, from 30×20 cm to 60×40 cm. Inkjet on Hahnemühle Photo Rag 308g paper.
Me contacter